Il vous faudra sans doute regarder la photo à la loupe pour en apercevoir l'intérêt principal, tant le contraste y est médiocre, mais la luminosité mêlée aux nuages rend parfois le paysage un peu terne, même pour l'oeil humain. Commençons donc par les intérêts secondaires de la photo : il y a de la neige. Il aura fallu attendre la fin de l'hiver pour la voir tomber en quantité normale. Les congères derrière les bâtiments atteignent enfin un niveau digne d'une base antarctique, même si on peut faire mieux. Voilà une occasion de faire du sport que de dégager les passerelles. Sur la photo, on voit à peine la piste du Lion. Le moindre coup de vent un peu fort suffit à balayer la neige sur la banquise, mais cette neige légère envahit l'atmosphère et plonge la base dans le jour blanc. Deuxième intérêt secondaire, le contraste sur les icebergs dont j'ai parlé dans l'article précédent. : cette glace bleue partiellement dénudée qui contraste avec les surfaces encore enneigées. Au moins, par temps nuageux, la différence entre bleu et blanc est visible à l'oeil nu, ce qui est difficile par grand Soleil.

Venons en à l'intérêt principal, que vous avez peut être eu le temps de détecter pendant mon baratin du précédent paragraphe… Il y a des manchots sur la photo, en plein milieu, traversant le cadre de gauche à droite : une colonne continue de deux ou trois cents manchots empereurs qui s'en retournent à la manchotière. Je n'ai pas souvenir d'en avoir vu une aussi grande depuis le début de l'hiver. Du coup, c'est la crise du logement à la manchotière, avec en plus des adultes, les petits poulets manchots qui commencent à prendre de la place.

Je guette avec inquiétude chaque jour à l'affût des manchots adélie qui ne vont pas tarder à venir couiner sous nos fenêtres.