Le paraberg. Cet iceberg nécessitait bien un article à lui tout seul. Déjà illuminé par le Soleil couchant dans l'article "Embrasement" du 18 septembre, le voici resplendissant dans la grande lumière d'octobre, vu de profil. Il est difficile de rendre en photo les contrastes de couleurs des icebergs souvent invisibles sans nos lunettes de glacier, même par temps nuageux. Cette photo, prise pourtant sans lentille polarisante, reproduit ces contrastes de manière plutôt correcte.

Le vent érode rapidement la neige déposée sur ces géants de glace, et laisse apparaître la glace bleue, à la texture bosselée, comme une balle de golf. Les bergs comme celui-ci sont échoués sur le fond marin : il y a dix fois plus de glace sous l'eau qu'au dessus de la surface. Au fil des mois, plus souvent des années, le vent use la glace à la surface du berg. La quantité de glace diminue au-dessus de la surface de l'eau, et donc également en dessous, et le berg finit par flotter à nouveau, pour s'éloigner vers le large.

La plupart des bergs de notre archipel sont axés en aval du glacier de l'Astrolabe duquel ils se détachent. D'autres, ne sont que de passage, dérivés par les courants marins qui tournent autour du continent Antarctique.