L'évènement ne se produit qu'une à deux fois par an, la dernière fois datait du 15 décembre, le jour de l'arrivée : il y a eu du brouillard mardi à DDU ! Les faibles visibilités sont fréquentes, lors des tempêtes : la neige soufflée par le vent rend aveugle et il est parfois difficile de voir un bâtiment depuis un autre. Heureusement qu'il y a des passerelles. Mais il ne s'agit pas de brouillard en tant que tel. 

L'air polaire est sec. Plus l'air est chaud, plus il peut contenir de l'eau à l'état vapeur, et inversement. Sur le continent, l'air est très froid, et il n'y a en plus pas d'apport d'humidité : l'air ne contient quasiment pas de vapeur d'eau. A DDU, sur la côte, l'air froid, même s'il est passé au-dessus de la mer plus au Nord, n'a pu absorber qu'une faible quantité d'eau, donc il reste relativement sec. Le brouillard n'est donc pas chose commune à nos latitudes polaires. La polynie toujours présente à une vingtaine de kilomètres de la base, aidée par des conditions atmosphériques particulières, a réussi à charger suffisamment l'air en vapeur d'eau pour qu'il atteigne son seuil de saturation. Une nappe conséquente de brouillard s'est formée, et s'est rapprochée de la base mardi. Deux journées ensoleillées ont suivies, mais on pouvait observer aux jumelles une mince couche d'évaporation à la surface de la polynie.