Le record de vitesse de vent de notre hivernage a de nouveau été battu vendredi, avec 181 km/h, et un épisode de vent catabatique encore plus violent que celui du début de mois. Pour compléter cette journée météorologiquement mouvementée, la température est repassée, quelques instants, au-dessus de 0°C (0,5°C précisément), quelques minutes après une des fortes rafales qui ont soufflé toute l'après-midi.

L'effet de Loëwe a été observé plusieurs fois, notamment lors de ces quelques fortes rafales (une à 165 km/h en début d'après-midi, puis deux successives à 180 km/h et 175 km/h en fin d'après-midi. Cet effet représente un passage brutal d'un vent calme, voire nul, à un vent violent, et inversement en quelques secondes lors d'un épisode de vent catabatique. Ces fortes rafales citées plus haut étaient en effet précédées et suivies d'un calme presque plat. Le vent catabatique qui descend du continent, prend beaucoup de vitesse au fur et à mesure de la descente. Arrivé au niveau de la mer, là où nous sommes, il perd rapidement de la vitesse. Cette frontière entre vent fort et vent faible bouge dans l'espace, et donc, si l'on reste au même endroit, les vitesses de vent varient rapidement.

La remontée brutale de la température au-dessus de 0°C (alors qu'il faisait -6°C quelques minutes avant) s'explique par la présence ce jour là d'air un peu plus chaud à quelques centaines de mètres au-dessus du sol. Juste après une forte rafale, lorsque le vent s'est arrêté, cet air plus chaud a semble-t-il été aspiré vers le sol et a provoqué cette remontée spectaculaire de la température.

A l'intérieur des bâtiments, la rafale à 180 km/h est assez impressionnante. Les murs tremblent, des particules de neige et de glace décollées du sol sont projetées sur les murs et résonnent à l'intérieur. Difficile d'imaginer l'effet d'une rafale à 245 km/h, le record officiel de la station.

Sur la banquise, l'effet est très visible. Il n'y avait déjà plus beaucoup de neige, mais elle a littéralement été balayée par ces bourrasques (avec sans doute un phénomène de sublimation important). La glace est maintenant à nu sur de larges étendues. La neige persiste sur des zones moins exposées, ou à l'endroit d'anciennes traces de pas ou de manchots. Cette banquise a en tout cas parfaitement résisté aux rafales. N'étant pas trop recouverte par la neige depuis sa formation, elle est très solide et bien épaisse. Une image satellite récente nous montre qu'elle s'étend de façon compacte jusqu'à 100 km de la côte, et encore 200 km/h au-delà sous une forme plus fragile, parsemée de rivières.