Un ch'ti en Terre Adélie !

lundi 13 septembre 2010

Début d'un périple en Antarctique...

Tombés par hasard sur ce blog, ou faisant partie de mes connaissances, bienvenue sur ce blog où vous pourrez suivre le fil de mes aventures en Antarctique qui se dérouleront à partir de décembre. Ce premier billet vous donne quelques explications sur le fonctionnement du blog, mais surtout des réponses aux questions de base : qui, où, comment, quand, pour( )quoi ?

Contrairement à la majorité des blogs, celui-ci ne suivra pas un ordre chronologique avec le billet le plus récent en tête. Plutôt qu'un journal, je préfère proposer un blog documentaire dont les billets seront classés par catégorie (voir colonne de gauche), afin que le lecteur puisse piocher parmi les billets d'un thème qui l'intéresse. Pour les lecteurs qui voudront suivre ce blog plus régulièrement sans tout relire du début, le flux RSS des messages (voir encore à gauche) judicieusement ajouté à la barre de favoris de son navigateur internet peut également permettre d'être informé de l'arrivée des nouvelles fraîches.

Toujours dans l'optique de réaliser un blog plutôt documentaire, celui-ci sera alimenté dès qu'il y aura quelquechose de suffisamment consistant à raconter, ou une belle photo à montrer. Pour les informations plus anecdotiques, les faits météo marquants, etc... ce blog est associé  à un compte Twitter (ben oui, faut bien se mettre à la page !), qu'on peut trouver ici. Il n'est pas nécessaire de s'inscrire pour le consulter (mais ça donne accès à plus de fonctionnalités), et là aussi on peut jouer avec le flux RSS.

 Les explications techniques étant données, passons maintenant aux questions de fond :

  • Qui ?

Jeune météorologue de 27 ans, originaire du Nord (le pays de ch'tis, pour ceux qui ne situeraient pas). A envie de faire de la météo depuis très longtemps, ça c'est fait. A aussi envie d'aller en Terre Adélie, depuis un peu moins longtemps peut être, quoique...

  • Où ?

En Terre-Adélie, sur la base française Dumont d'Urville, distante de 17000 km de la métropole. La Terre Adélie est la portion française de l'Antarctique située à 3000 km au sud de l'Australie. Elle compose - avec les disticts de Crozet, Kerguelen, Amsterdam-Saint-Paul, Iles Eparses - les Terres Au strales et Antarctiques Françaises (TAAF). Pour plus d'information sur ce sujet, consultez wikipédia ou le site officiel des TAAF.

  La base Dumont d'Urville (DDU pour les intimes) est installée sur l'île des Pétrels, à 5km du continent (Cap Prudhomme), au pied du glacier de l'Astrolabe. Les missions sur cette base sont organisées par l'IPEV, l'institut polaire français. Je n'ai pas besoin d'en dire plus, tout est dit sur son site internet.

 taaf_IPEV

  • Comment ?

Pour y aller, il faut prendre pas moins de 3 avions (Paris - Hong-Kong - Sydney - Hobart), puis le bateau (pendant 5 à 15 jours suivant l'état de la mer...). L'Astrolabe effectue 5 rotations de fin octobre à fin février entre Hobart et DDU. Lors de la première rotation, le bateau arrive rarement jusqu'à la base : un hélicoptère permet de faire les allers-retours. Le reste de l'année, la base est complètement isolée, prise dans la banquise.

  • Quand ?

Personnellement, je partirai par la deuxième rotation de l'Astrolabe, à savoir début décembre 2010. Retour en métropole début 2012 !

  • Pourquoi ?

Chaque année, en dehors de la période d'été où la base accueille une centaine de "campagnards d'été", entre 26 et 27 personnes hivernent (et pas hibernent !) à DDU. Le but initial est de faire avancer la science : des scientifiques poursuivent de nombreuses expériences dans le cadre de programmes de recherche. Mais pour pouvoir survivre dans ce milieu un peu hostile au premier abord, et surtout isolé pendant 9 mois, ces scientifiques sont accompagnés par des personnes indispensables : cuisinier, pâtissier, électriciens, plombier, chaudronnier, menuisier, mécaniciens, médecin,... Il y a aussi deux militaires qui se chargent des télécommunications (courrier, radio) et bien sûr... des météos ! Avec deux collègues, je serai chargé d'annoncer à tout ce petit monde le temps du lendemain, mais aussi de lancer chaque jour un ballon météo, et réaliser des observations nécessaires pour bien faire tourner les modèles numériques qui vous prévoient le temps en métropole !

  • Pour quoi ?

Au delà de ces aspects scientifiques et techniques, les hivernants qui partent si loin ont bien sûr dans le coin de leur tête l'idée qu'ils vont vivre une expérience peu commune sur le plan humain, au milieu d'un décor fantastique : tout le monde de peut pas se vanter de voir un iceberg par la fenêtre de sa chambre, et de croiser une famille de manchots en allant travailler !

Je n'en dirai pas plus pour l'instant, vous en saurez plus en suivant ce blog ! A bientôt pour la suite de l'aventure...

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jeudi 23 septembre 2010

Les choses sérieuses commencent !

 

Depuis que j'ai appris définitivement que je partais en Antarctique, début mars, il faut dire que le départ était pour moi encore une chose assez lointaine. Décembre, c'est encore loin...

Un premier coup de pédale a été donné fin août lorsqu'il a fallu sérieusement penser à faire mes "valises". Les malles contenant mes affaires personnelles devaient en effet partir mi-septembre par  bateau. Il a fallu prévoir la dose annuelle de savons, shampoings, etc... car là-bas, pas de supermarché. Je me suis un peu creusé la tête pour penser à mettre tout ce qui pourrait éventuellement être utile là-bas. Bref, tout ça (100 kg au total !) a finalement été prêt à temps, mais là encore, difficile de se projeter jusqu'en Antarctique...

Le grand coup d'accélérateur a été donné la semaine dernière, à Plouzané près de Brest. L'IPEV y organisait son séminaire annuel d'information pour les futurs hivernants (Terre Adélie mais aussi les autres districts). Pendant 4 jours se sont succédées plusieurs conférences scientifiques présentant quelques un des programmes de recherche qui se déroulent dans les TAAF, ainsi que des informations sur la vie et la logistique quotidienne sur les bases, et une visite de l'Océanopolis de Brest !  Morceaux choisis :

 - présentation de l'évolution d'une famille de poissons antarctiques bien étrange, les notothénioïdes.

 - mouvements du glacier de l'Astrolabe

 - comment les pétrels se reconnaissent grâce à leur odeurs...

Ce séminaire a surtout été l'occasion de rencontrer pour la première fois tout ceux avec qui je vivrai là-bas pendant un an (voir photos sur le site de l'Ipev), et enfin l'impression est là de toucher du bout des doigts le début de l'aventure. Autant dire que depuis une semaine, ma tête a fait un bond de 17000 km (même pas mal !). Dans 3 mois, nous serons en plein préparatifs de Noël sur la base ! Il va être difficile de rester sur Terre d'ici là, mais heureusement, d'autres activités préparatoires m'occuperont d'ici là. A suivre...

TA

Les hivernants de la TA 61

 

 

Posté par arnaud135 à 19:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 4 octobre 2010

Conditions climatiques à Dumont d'Urville

J'aurai du mal à vous le cacher qu'en Antarctique, il fait un peu froid ! La base de Dumont d'Urville (DDU) étant située sur la côte, le climat y est toutefois moins rude que sur les bases du continent. Et même, si on regarde le temps d'ensoleillement moyen, DDU n'a rien à envier aux villes du Sud de la France (2000 heures par an) !

  • La course du Soleil

Située presque au niveau du cercle polaire, la station de DDU ne connaît pas la nuit polaire de 6 mois. Même le jour du solstice d'hiver, le 21 juin, le soleil se lève pendant 2 heures et 3 minutes. Il a juste le temps de s'élever légèrement sur l'horizon, pour redescendre ensuite. Jusqu'au mois de décembre, on gagne alors en moyenne 8 minutes d'ensoleillement par jour, jusqu'au 6 décembre à 10h42 lorsque le Soleil se lève pour ne plus se recoucher pendant un mois, jusqu'au 7 janvier à 10h26. Ce jour là, il ne se couche pas pour très longtemps (lever à 01h05), donc autant dire qu'il ne fait pas vraiment nuit... Il faudra attendre 3 semaines avant d'observer une obscurité significative.

A mon arrivée, début décembre, il fera donc jour 24h sur 24 !

  • Les saisons

Il y en 4 comme chez nous, mais leurs durées sont inégales quand on regarde les températures, et c'est bien sûr l'hiver qui est le plus long.

La température moyenne en été (décembre-février) est de -1°C, les températures s'échelonnant de -4 à 2°C environ. Pendant l'hiver, entre mai et septembre, c'est plus froid : -16°C en moyenne, variant de -12 à -20°C.

Mais on ne peut parler de températures sans évoquer les records. La température n'a jamais dépassé les 10°C : record en décembre 2001 de 9.9°C, la canicule
! A l'autre bout du thermomètre, on trouve un - 37.5°C, en août 1990.

Étant au bord de la mer, le climat de la base est plus doux que sur les hauteurs du continent. Sur la base Concordia, la température minimale moyenne est de -50°C, avec des pointes à -80°C. Mais la "douceur" océanique est relative, car le vent peut souffler très fort ce qui augmente énormément la sensation de froid...

  • Quel temps fait-il ?

A DDU, il y a donc aussi beaucoup de vent. Les plus fortes vitesses sont rencontrées lors des épisodes de vent catabatiques. Ces vents naissent sur les hauts plateaux du continent antarctique, où l'air très froid qui s'accumule finit par s'écouler le long de la pente. Il prend alors de la vitesse et entraîne des vents importants lorsqu'il atteint la côte.
Le vent souffle aussi lorsque les perturbations océaniques plus au nord effleurent la Terre Adélie, apportant avec lui de la neige, mais donc des températures "plus douces". Le blizzard envahit alors la base régulièrement.
Biens qu'installée sur un site relativement protegé, on observe fréquemment sur la base des rafales de vent supérieures à 58 km/h, entre 20 et 25 jours par mois, et des rafales supérieures à 100 km/h, au moins 10 jours par mois entre février et septembre. Le record officiel de vent (depuis 1981 avec les anémomètres modernes) est de 245 km/h en mai 1988.

Les perturbations océaniques amènent donc aussi beaucoup de neige qui forme de nombreuses congères sous le vent des bâtiments de la base. Il est toutefois impossible de mesurer les quantités qui tombent de manière fiable, à cause du vent qui ne cesse de la balayer. Les météos qui ont hivernés en 1950 s'y sont essayés...on ne mesure plus les quantités de précipitations depuis
! Sur le continent par contre, loin du passage des perturbations, il ne neige pratiquement pas, moins de 5 cm par an, un vrai désert !

J'aurai sans doute l'occasion d'illustrer tout ça lors de mon séjour : suivez la rubrique Météo de ce blog !

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dimanche 10 octobre 2010

Sous le trou de la couche d'Ozone

Le rythme s'accélère : cette semaine avait lieu le premier de mes stages préparatoires, une formation au lancement des sondes Ozone qui s'est déroulé à l'Observatoire de Haute-Provence. Dans le cadre du programme de recherche sur l'Ozone polaire, différentes mesures sont réalisées en continu à DDU (et ailleurs) : mesures Lidar, sondage par ballon, rayonnement UV-B. Ces mesures permettent de suivre l'évolution du trou dans la couche d'ozone qui se forme régulièrement au dessus de l'Antarctique à la sortie de l'hiver. Les températures très froides favorisent plus qu'ailleurs la destruction de l'ozone dans la stratosphère. Pas de panique, il ne s'agit pas d'un trou au sens propre, mais d'un amincissement de la couche à cet endroit, nous ne risquerons pas d'être irradiés sur place, même s'il faudra se protéger un peu plus du Soleil, la couche d'ozone filtrant moins bien le rayonnement UV.

Nous nous sommes donc retrouvé à l'OHP, avec mes deux futurs collègues météos, Bertrand et Mickaël, ainsi que Guillaume, le spécialiste Lidar de la TA 61. L'avantage de cet endroit sympathique est d'y voir mises en oeuvre toutes ces mesures au même endroit, ce qui est bien pratique pour la formation. Les responsables scientifiques du programme Ozone nous ont donc rappelés tout ce qu'il fallait savoir sur la couche d'Ozone et la formation du trou, puis sur les moyens de le mesurer. Nous en sommes donc vite venus aux travaux pratiques : côté météo, nous avons assisté à la préparation en détail, et au lancement du ballon de radiosondage Ozone. Il s'agit d'un ballon qui monte jusqu'à 30 km environ, auquel est suspendue une boîte en polystyrène qui aspire l'air extérieur, et mesure la quantité d'ozone sur toute la couche d'altitude. Voici le résultat en image :

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Nous aurons à effectuer ces lâchers régulièrement à DDU, notamment durant la période où le trou se forme, à partir de septembre.

Cela n'a finalement pas été bien compliqué par rapport à la maîtrise du Lidar qu'a dû acquérir Guillaume, le résultat n'en est pas moins impressionnant pour autant :

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La mesure Lidar consiste à envoyer un rayon laser vers le ciel (jusqu'à 100 km environ), une partie du rayon est retournée vers le sol par les composants de l'atmosphère. Grâce à un téléscope, on récupère la lumière redirigée vers le sol, et son analyse permet, entre autres, de connaître la quantité d'ozone à différentes altitudes.

Nous avons donc pu observer cet impressionnant rayon vert dans le ciel étoilé de la Provence. En parlant d'étoiles, il aurait été dommage de passer à l'Observatoire sans voir un téléscope grand format. Sur le site, de nombreuses coupoles sont éparpillées parmi les arbres, et la plus grand d'entre elles abrite le fameux téléscope d'1m93, et qui pèse 70 tonnes. 

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Prochain rendez-vous : stage météo (climatologie, radiosondage,...)



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lundi 25 octobre 2010

Encore des ballons !

Les météos sont des grands enfants qui aiment jouer au ballon ! Le dernier des mes stages pré-adélien, mais le seul vraiment météo, s'est déroulé à Toulouse la semaine dernière. Après les sondages Ozone que nous avons explorés début octobre à l'OHP, il s'agissait là d'apprendre l'art du radiosondage météo de A à Z : de la maintenance du système de réception au suivi du ballon en vol, en passant par le gonflement et le lancer, le programme était complet. Les futurs radiosondeurs en partance pour l'île d'Amsterdam étaient aussi avec nous.

Me voici donc à l'oeuvre dans l'art de faire des noeuds. Un bon marin seraient sans doute effrayé par la qualité de mes noeuds, mais l'essentiel, c'est que ça tienne !

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Une fois le ballon noué, il faut lui accrocher un parachute (à DDU, on s'en passera, la probabilité que le tout retombe sur quelqu'un étant assez faible), puis un dérouleur (il faut qu'en vol, la sonde se trouve à 30 mètres sous le ballon), et enfin la sonde météo qui mesure pression, température et humidité.

Bref, après tous ces noeuds, il ne restait plus qu'à lancer. C'est facile à Toulouse, quand il n'y a presque pas de vent... Ce sera une autre paire de manche là-bas.

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Me voilà donc fin prêt à partir. Encore quelques vacances en Corse, quelques jours de travail, et j'entamerai la dernière ligne droite vers le départ prévu normalement le 1er décembre.

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lundi 1 novembre 2010

Le monde polaire est bien triste...

Le monde polaire est un univers de passionnés. Certains viennent y passer un hiver entier, au service direct ou indirect de la science. D'autres y reviennent tous les ans, le temps d'un été, mettre leurs compétences au service de la logistique des bases polaires. Deux techniciens de l'IPEV, habitués des campagnes d'été, le pilote et le mécanicien du deuxième hélicoptère qui assurait la liaison entre l'Astrolabe et la base Dumont d'Urville ont perdu la vie dans un accident survenu au-dessus de la banquise, à 90 km de la base, lors de la première rotation du bateau.

Nous pensons tous aux familles et aux proches des disparus, à nos prédécesseurs de la TA 60 qui se préparaient à accueillir sur la base de nouveaux arrivants après huit mois d'isolement, aux passagers de l'Astrolabe qui font demi-tour vers Hobart après avoir perdu, pour certains ceux qui ont été leurs compagnons de voyage depuis deux semaines, pour d'autres des collègues et amis. Je pense en particulier à Sophie et Baptiste, nos deux compagnons d'hivernage, et à ceux qui découvraient la banquise pour la première fois sur cette rotation de l'Astrolabe. Ce premier contact avec l'Antarctique leur laissera un souvenir amer.

 

 

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lundi 22 novembre 2010

Quelques sauts de puce, bilan carbone positif...

Voici un petit aperçu du trajet qui me mènera à DDU :

 - vol Paris - Hong Kong : 9600 km

 - vol Hong Kong - Sidney : 7400 km

 - vol Sidney - Hobart : 1000 km

 - traversée vers DDU : 2700 km

Vous pouvez visualiser ce trajet avec Google Earth en ouvrant le fichier 20000_km_de_voyage, et en cliquant sur le bouton de lecture.

La traversée vers DDU se fera à bord de l'Astrolabe, un navire brise-glace dont vous pouvez lire les caractéristiques et voir quelques photos sur le site MarineTraffic.com. Ce bateau n'a pas de quille et une coque ronde, il a donc fortement tendance à "rouler", même par mer calme. Peu de ses passagers résistent au mal de mer paraît-il, on verra bien ce qu'il en est... Le voyage en mer devrait durer de 6 à 10 jours suivant les conditions, et contrairement à la rotation d'octobre, arriver jusqu'au quai de la base.

Vous pouvez suivre en direct la position de l'Astrolabe en cliquant sur les coordonnées dans le cadre "Dernière position reçue" sur la fiche de l'Astrolabe de MarineTraffic.com. Autre solution, ouvrir ce fichier avec Google Earth (à retélécharger à chaque fois pour la mise à jour...)

Je rajoute aussi un lien qu'on vient de me signaler, avec les données météo en prime.

Le départ de Paris est actuellement prévu le 5 décembre, et le début de la traversée depuis Hobart le 9 décembre.

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vendredi 3 décembre 2010

Transition climatique

Les ascenseurs des températures adéliennes et métropolitaines sont arrivés au même étage, il est donc temps de prendre la correspondance !


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Profitant de cette ressemblance climatique temporaire, voici un petit reportage photo réalisé au cours d'une ultime ballade au pays des ch'tis, recouvert d'un fin tapis blanc (rien à voir avec d'autres régions françaises...). Cet article est l'occasion d'honorer la première partie du titre de ce blog, l'autre partie promettant d'être largement développée par la suite...

Quelques symboles nordistes recouverts de neige, par une température de -3 °C :

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Terril et betterave sucrière

Cette atmosphère fraîche n'empêche pas la nature de garder quelques couleurs, ni la vie de continuer :

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C'est donc par ces quelques images que se termine la rubrique « En route vers l'Antarctique... » de ce blog, la route au sens figuré. Il est maintenant l'heure de prendre la route au sens propre, la voie des airs et des mers. Je ne manquerai pas de vous raconter ce long voyage jusqu'à DDU dont la fin est prévue entre le 15 et le 20 décembre.

N'oubliez pas que vous pouvez suivre l'avancée de l'Astrolabe par de multiples moyens. J'essaierai dans la mesure du possible de donner de brèves nouvelles durant la traversée via le fil d'infos Twitter (cf. lien dans la colonne de droite)

A bientôt !

Posté par fifitec à 19:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 6 décembre 2010

1ère escale : Honk Kong

C'est avachi dans un des fauteuils du salon VIP de l'aéroport de Hong Kong que j'écris ces lignes, 19 heures après mon décollage de Roissy avec environ une heure de sommeil à mon actif. Partis dans une ambiance hivernale, nous sommes arrivés ce matin à Hong Kong par 25°C et temps ensoleillé.

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Nous avons immédiatement entrepris une sortie pour nous maintenir éveillés. Après une visite des rues principales au pas de course, nous avons pris le Peak Tram, un funiculaire qui mène à un point de vue panoramique sur la ville. Ce panorama permet entre autres de se rendre compte du brouillard de pollution qui recouvre la ville...et qui fait piquer les yeux !

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Nous voilà revenus au frais à l'aéroport, se reposer un peu avant le vol vers Sydney, ce soir à 19 heures. Au programme de demain, arrivée à Sydney le matin, départ pour Hobart en début d'après-midi. Nous devrions passer au moins 2 nuits sur place, le bateau étant seulement en train de contourner la Tasmanie pour se rendre à Hobart.

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vendredi 17 décembre 2010

Premier jour d'une longue histoire.

 

Mercredi 15 décembre 2010, 4h heure de DDU -  Après une courte nuit, quelques passagers font leur apparition à la passerelle de l'Astrolabe. Quelques heures avant nous avions laissé le bateau sur une mer en bonne partie jonchée de plaques de glaces à la dérive, parsemée de quelques immenses icebergs d'une cinquantaine de mètres de haut illuminés par le Soleil ras sur l'horizon, des morceaux de glaciers détachés du continent probablement posés sur les fonds marins relativement hauts dans la zone (200 - 300m). C'était la dernière nuit sur l'Astrolabe, et l'équipage avait annoncé une arrivée à DDU vers 8h.

 Pour l'instant, la bateau est en attente depuis minuit dans une zone d'eau libre et s'apprête à reprendre sa route. Le ciel s'est couvert, tout est gris, la glace entoure à vue d'œil le bâtiment, beaucoup plus que la veille. Un fine pellicule de glace se forme même sur l'eau libre. Un lever matinal s'imposait pour profiter des dernières heures du voyage. Manque de chance, à peine une demi-heure après avoir refait machine avant, les moteurs du bateau surchauffent ! L'anomalie nous bloque à nouveau, mais tout rentre dans l'ordre assez rapidement. Encore éblouis par la journée lumineuse passée la veille dans le pack (glaces dérivantes issues de la dislocation de la banquise), l'atmosphère est aujourd'hui beaucoup plus grise. Le bateau avance doucement au milieu des plaques de glace, qu'il contourne ou brise en morceaux suivant leur épaisseur. Le plafond nuageux est assez bas, nous offrant un paysage assez fantomatique, le sommet des icebergs d'un blanc éclatant se noyant dans les nuages. La visibilité réduit à vue d'œil et le bateau finit par se retrouver complètement dans le brouillard : le phénomène est très rare, et ce n'est vraiment pas le temps qu'on espère pour l'arrivée à DDU ! Le commandant fait donc progresser son bateau comme il peut presque à l'aveugle dans la pack, ce qui ne fait pas avancer l'heure d'arrivée.

 Finalement, les conditions s'améliore lentement. Le bateau est encore à une vingtaine de kilomètres, mais il avance lentement à cause de la glace, et doit faire des détours pour  chercher un chemin plus dégagé. L'impatience monte, les yeux regardent au loin. Ils y a toujours les immenses icebergs qui nous entourent, mais on finit par deviner à l'horizon une étendue qui est bien trop grande pour être un iceberg : c'est le continent. L'approche continue, lente. Le bateau explose maintenant sans détours les plaques de glace dérangeant parfois quelques manchots ou quelques phoques. Le paysage à l'horizon est magnifique : le ciel couvert au dessus de nos têtes y semble dégagé, des icebergs aux formes irréelles éclairés par cette lumière se partagent le paysage...

 Quelques jumelles sortent des poches, on scrute l'horizon. Des formes peu naturelles commencent à se distinguer. C'est la base ! Elle approche lentement, le bateau semble à l'arrêt. Tout le monde est sur le balcon les yeux tantôt rivés sur l'horizon, tantôt juste en dessous car les matelots commencent à sortir les amarres des cales. Les bâtiments sont maintenant nettement reconnaissables, ça y est on y est ! Encore quelques dizaines de minutes et le bateau rentre dans le chenal du Lion. Beaucoup sont descendus pour nous accueillir, brandissant quelques banderoles de bienvenue. L'une d'entre elle réclame le courrier et des melons. Le cuisinier du bateau en lance un depuis un hublot, ramené au bord par un zodiac. Le fruit est rapidement découpé, partagé et avalés par nos prédécesseurs impatient de nous voir...


Depuis notre arrivée hier, c'est l'effervescence. Entre les nouveaux, les anciens, les personnes en transit pour les bases de Concordia et Mario Zuchelli, la base est une véritable fourmilière. J'ai eu peu de temps pour moi, bien occupé par les activités de passation de consignes et une ballade à la manchotière hier avant le mauvais temps prévu demain. Je vous avais laissé à Honk-Kong, bien des choses se sont passées depuis, de nombreuses photos en témoignent, à trier...! Je ne manquerai pas de vous raconter tout ça et la suite des évènements très vite !

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